J’ai beaucoup de compassion pour les personnages du théâtre de Tchekhov. Je trouve qu’ils font pitié. On dit souvent qu’ils sont «humains», «dotés d’une véritable psychologie», etc. Sans doute, oui, au théâtre… Sur la scène, ils sont plus vrais que nature (!) Ils sont peut-être malheureux, mais beaucoup plus vivants que moi qui suis là à les regarder vivre leur vie de personnages de théâtre. Je pense que c’est pour ça qu’on les trouve tellement humains : on se prend au jeu de la tranche de vie, c’est-à-dire qu’on suppose inconsciemment qu’il y a un avant et un après la pièce. Et ça, Tchekhov est maître dans l’art de nous y faire croire. Il nous mène en bateau, voyez-vous, je pense que ses pièces sont trop près de la réalité pour le théâtre. C’est du sur-théâtre. D’autres ont dit que son théâtre se rapprochait vraiment du genre romanesque… ça peut être une façon de le comprendre aussi : le roman, c’est vrai dans notre tête. Je parle d’une réalité imaginaire, qu’on mêle souvent avec la réalité réelle, une vie idéalisée, déformée au contact de l’interprétation qu’on en fait. Nos vies sont faites d’illusions et de désillusions, et sans l’imagination, la création (de solutions aux désillusions entre autres) je suis sûre qu’on mourrait tous instantanément. On se crée des raisons de vivre pour continuer à vivre et ne pas être malheureux. Les personnages de Tchekhov font tous ça : ils se font une raison. Ou ils meurent. C’est ça l’objet des pièces : pendant deux heures on voit plusieurs personnages qui se font une raison de leur existence. Et tous les êtres humains de la terre se font une raison, bonne ou mauvaise, on s’en fout.
Et je pense que c’est pour ça (entre autres) que le théâtre de Tchekhov est réputé difficile à monter, parce que ça ressemble tellement à ce qu’on peut vivre ontologiquement, qu’une fois mis en scène, on ne sait plus si on doit y croire, parce qu’en fin de compte, c’est du théâtre... Le contenu va à l’encontre du genre, le réel et l’imaginaire veulent prendre leur place au même endroit. C’est comme quand je donne des croquettes à mes deux chats : ils essayent de manger dans le même bol qui est beaucoup trop petit pour deux têtes de chats, et y arrivent difficilement. Finalement, ils se font une raison, et mangent chacun dans leur bol. Théâtre et réalité séparés, c’est beaucoup plus facile comme ça. Quand je vais voir et revoir les pièces de Tchekhov, j’ai, pendant de brefs moments, l’impression de toucher à quelque chose de la réalité, quelque chose de transcendant qui est là pour rester. Ça me rassure énormément. Je me sens chez moi, enfin. J’ai toujours envie de retourner chez nous, c’est pour ça que je retourne voir les pièces de Tchekhov. Ça n’a absolument rien de rationnel.
Je n’ai jamais eu l’impression d’être présente à la réalité. Je ne pense pas qu’il existe beaucoup d’humains qui le soient. Je suis soit occupée, soit préoccupée, je suis ici et là. Je suis toujours spectatrice de quelqu’un qui donne une interprétation du spectacle de sa vie, je suis figurante dans le théâtre des autres, vice-versa. Je lis des livres qui parlent des livres... Mais voilà, je suis obsédée par le théâtre de Tchekhov, c’est pas ma faute, c’est parce que j’arrive pas à m’en faire une raison, à savoir si c’est vrai ou si c’est faux, aucune approche n'est assez juste pour moi. (Quelle prétention!) Je ne fais pas la part des choses. «Tout est écrit», disait Tchekhov aux comédiens de la troupe de Stanislavski qui voulaient comprendre les personnages qu’ils interprétaient. Alors je continue à lire, à voir ce qu’en pensent les autres, et finalement, à ne pas trop chercher de solution… parce qu’après ça va être plate. (Quelle ironie!)
Bon. La prochaine fois je parlerai de rugby.
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lundi 2 mars 2009
mercredi 25 février 2009
Théâtreuse en déroute - I
J’ai relevé le défi des six semaines. (En fait, cinq, parce que la première j’ai rien fait.) Je ne faisais pas un régime, là, j’ai juste écrit une partie de mon mémoire.
Mais je ne sais pas trop quoi penser de ce que j’ai écrit encore... 17 pages de jus de cerveau et d’excès de nicotine, n’ayons pas peur des maux... J’espère que c’est (un peu) bon. Je vais me poser de sérieuses questions si j’ai encore échoué à la tâche, disons que ça sera peut-être le signe qu’il faut passer à un autre appel. Je ne me suis pas imposé d’ultimatum, dans le style : si mon analyse est pas bonne, fuck off. J’ai suivi une mauvaise piste d’analyse pendant longtemps, c’est-à-dire un an presque jour pour jour, et quand je m’en suis rendu compte, je me suis demandé si j’étais faite pour les études supérieures en littérature. Sauf que depuis 10 ans j’ai rien fait d’autre que du théâtre, de la littérature et de l’université... à part peut-être boire de la bière au Cheval et chiller. Je jouais du piano et de la guitare, je faisais partie d’une chorale, j’écrivais même des chansons, j’ai mis tout ça de côté et je me suis jetée à tête perdue dans l’analyse dramaturgique sans me poser de questions. Aucune question, ça s’est fait tout seul. Je me foutais bien de savoir ce que j’allais pouvoir foutre dans la vie. Je faisais «ça», c’était bien assez. L’important c’était de faire ce que j’aimais et ce pour quoi je croyais avoir du talent et de l’envergure. J’ai choisi autrement dit la voie de la réussite. J’avais en tête l’assurance d’exceller dans mon domaine (!), ce que j’ai fait jusqu’à ce que j’entre à la maîtrise. Méchant bordel. Bonjour LA remise en question.
Avant d’écrire un blogue, j’écrivais à l’encre noire dans un épais cahier Hilroy bleu royal. J’ai reparcouru le passé à la recherche du moment où je m’étais trompée (Détrompez-vous, ceci n’est pas un épisode de Heroes, je n’ai pas de pouvoirs) et de réponses à mes questions existentielles. Je suis tombée sur le moment où j’ai pris la décision de crisser mon camp (c’est l’expression juste, donc sans guillemets) en France. J’étais écoeurée de Tout et j’ai choisi de changer le Tout de façon radicale. En choisissant l’inconnu, je choisissais le meilleur, encore une fois, à mes yeux. Je ne me suis posé aucune question. J’ai agi.
C’est fou «agir» comme ça. Quand tout va pour le mieux, c’est pas pire. Sinon, c’est l’Apocalypse.
J’ai étudié avec Marilou quelques jours quand je suis allée à Montréal. On jasait et puis on parlait de la maîtrise. Elle me racontait que Pierre Nepveu trouve regrettable que plusieurs étudiants choisissent plus souvent un sujet en fonction de sa cérébralité que de sa viscéralité, tsé, un sujet qui viendrait du coeur. Puisque je baignais à ce moment-là dans la soupe totalitaire de la remise en question et que je cherchais toujours davantage à m’encombrer dans les différentes perspectives d’une hypothétique solution, je me suis demandé si mon sujet à moi venait de mon coeur.
Mais je ne sais pas trop quoi penser de ce que j’ai écrit encore... 17 pages de jus de cerveau et d’excès de nicotine, n’ayons pas peur des maux... J’espère que c’est (un peu) bon. Je vais me poser de sérieuses questions si j’ai encore échoué à la tâche, disons que ça sera peut-être le signe qu’il faut passer à un autre appel. Je ne me suis pas imposé d’ultimatum, dans le style : si mon analyse est pas bonne, fuck off. J’ai suivi une mauvaise piste d’analyse pendant longtemps, c’est-à-dire un an presque jour pour jour, et quand je m’en suis rendu compte, je me suis demandé si j’étais faite pour les études supérieures en littérature. Sauf que depuis 10 ans j’ai rien fait d’autre que du théâtre, de la littérature et de l’université... à part peut-être boire de la bière au Cheval et chiller. Je jouais du piano et de la guitare, je faisais partie d’une chorale, j’écrivais même des chansons, j’ai mis tout ça de côté et je me suis jetée à tête perdue dans l’analyse dramaturgique sans me poser de questions. Aucune question, ça s’est fait tout seul. Je me foutais bien de savoir ce que j’allais pouvoir foutre dans la vie. Je faisais «ça», c’était bien assez. L’important c’était de faire ce que j’aimais et ce pour quoi je croyais avoir du talent et de l’envergure. J’ai choisi autrement dit la voie de la réussite. J’avais en tête l’assurance d’exceller dans mon domaine (!), ce que j’ai fait jusqu’à ce que j’entre à la maîtrise. Méchant bordel. Bonjour LA remise en question.
Avant d’écrire un blogue, j’écrivais à l’encre noire dans un épais cahier Hilroy bleu royal. J’ai reparcouru le passé à la recherche du moment où je m’étais trompée (Détrompez-vous, ceci n’est pas un épisode de Heroes, je n’ai pas de pouvoirs) et de réponses à mes questions existentielles. Je suis tombée sur le moment où j’ai pris la décision de crisser mon camp (c’est l’expression juste, donc sans guillemets) en France. J’étais écoeurée de Tout et j’ai choisi de changer le Tout de façon radicale. En choisissant l’inconnu, je choisissais le meilleur, encore une fois, à mes yeux. Je ne me suis posé aucune question. J’ai agi.
C’est fou «agir» comme ça. Quand tout va pour le mieux, c’est pas pire. Sinon, c’est l’Apocalypse.
J’ai étudié avec Marilou quelques jours quand je suis allée à Montréal. On jasait et puis on parlait de la maîtrise. Elle me racontait que Pierre Nepveu trouve regrettable que plusieurs étudiants choisissent plus souvent un sujet en fonction de sa cérébralité que de sa viscéralité, tsé, un sujet qui viendrait du coeur. Puisque je baignais à ce moment-là dans la soupe totalitaire de la remise en question et que je cherchais toujours davantage à m’encombrer dans les différentes perspectives d’une hypothétique solution, je me suis demandé si mon sujet à moi venait de mon coeur.
Les personnages d’Oncle Vania sont formidables, très colorés (par la vodka entre autres...), mais ils regrettent tous de ne pas avoir agi au moment opportun, de ne pas avoir eu le courage peut-être de choisir leur vie. Ils sont résignés, attendent de mourir. Dans la Mouette, au début ils sont remplis de projets ou ont déjà accompli de grandes choses, puis chacun leur tour, ils plongent dans une désillusion dévastatrice. Je déteste les Trois soeurs, parce que j’ai peur des incendies entre autres, mais aussi parce que j’ai juste envie de les secouer pour les sortir de leur torpeur. Et la Cerisaie... C’est tout simplement incroyable que la maison qu’on réussit à garder pour soi dans Oncle Vania finisse par être vendue dans la Cerisaie. C’est la même maison... la maison de la résignation... mouhahahahaha!... Tchekhov, sacré coquin!
À suivre...
mardi 21 octobre 2008
Maintenant, on peut se faire imprimer des t-shirt avec écrit dessus: we survived our wedding





J’ai mal dans toutes les parties du corps, et je suis convaincue que c’est parce que j’ai jiggé en
talons hauts (la première et la dernière fois que je me mets ça aux pieds, garanti!)
Je sais comme pas trop par quoi commencer, ce fut une semaine intense, riche en rebondissements et en émotions nouvelles. J’arrête pas de repasser le film de notre mariage dans ma tête (j’étais tellement nerveuse avant d’aller à la mairie, j’ai essayé de boire de l’eau pour me détendre et je shakais tellement qu’elle m’a coulée dans le décolleté, bien sûr, ça a mouillé ma robe et j’ai dû la sécher au séchoir à cheveux 5 minutes avant de partir. Mémorable!) Je suis arrivée accompagnée de Karine, ma soeur, ma mère et mon père à midi et tous les Français étaient dehors en train de parler, comme d’habitude! Mon père est allé les faire entrer, ça a pris 10 minutes, les 10 plus longues minutes de ma vie, cachée derrière un buisson, je pensais que j’allais m’évanouir-là. Ensuite, je suis entrée dans la mairie, et là j’ai vu Chéri faire une face qu’il n’avait jamais fait depuis deux ans que je le connais, tout le monde s’est mis à applaudir et à crier, c’était complètement fou comme moment!!! Évidemment, je me suis mise à brailler tellement j’étais heureuse d’être contente. Après je me souviens plus trop, le maire (il s’appelle Guy Poupart! Un genre de bon vivant, vraiment cool le maire) est arrivé et il a parlé de pleins d’affaires. On a dit «oui» et on s’est frenché passionnément, juste en dessous du portrait tout sourire de Nicolas Sarkozy. On est sortis de la mairie, une soixantaine de personnes nous ont garoché du riz (ça fait pas vraiment du bien dans la face, les grains de riz, j’en avais plein dans le décolleté et j’avais mis des bandes collantes pour me coller la robe au corps : eh oui, plein de grains de riz collés entre les deux boules...) et Damien a joué un air de... cornemuse!!!! Malade. J’ai hâte de vous montrer des vidéos. Maintenant, j’ai une alliance à l’annulaire de la main gauche et ça me surprend à chaque fois que je la vois, je suis pas habituée, je ne porte jamais de bagues et j’arrête pas de jouer avec. C’est cool.
Mes amis Québécois sont tous repartis, nous nous sommes levés à 5h ce matin pour aller reconduire Simon et Sarah qui retournaient en Espagne pour le reste de leur Route de Compostelle (ils m’ont fait la surprise, ils m’avaient écrit pour me dire qu’ils ne pourraient pas venir et finalement, ils sont arrivés sur un coup de tête samedi matin à 10h30. La plus belle surprise de ma vie!) Reste ma famille qui loge à Paris, mais c’est pas pareil : les amis me manquent toujours plus... Nous sommes seuls à la maison, le soleil est pas levé encore... c’est tranquille, tranquille. Y mouille. Tantôt, dans la voiture, je disais à Mon Époux « c’est la vie normale qui va recommencer...» mais en même temps je pensais que depuis qu’on s’est rencontré, tous les événements de nos vies sortent de l’ordinaire... Soit j’ai une bonne étoile, soit ma devise est Sky is the limit, et je ne m’en doutais pas jusqu’à tout récemment. Des fois, je me dis que je suis complètement folle d’avoir déménagé en France et de m’être mariée la même année (le tout en écrivant mon mémoire, ne l’oublions pas celui-là...), mais c’est bon de le vivre malgré tout, et je souhaite l’état d’esprit dans lequel je me trouve à tout le monde. Ah ! et merci à tous ceux qui ont mis leur chapelet sur la corde à linge, il a fait beau et chaud du vendredi au lundi et c’est franchement incroyable en cette saison en Ile-de-France.
(J’ai plein de choses à raconter, je le ferai spasmodiquement durant les prochains jours. Parmi les bonnes nouvelles de la semaine passée : Ta Mère publiera ma mini-nouvelle dans son Livre noir. Oh yeah!)
mercredi 1 octobre 2008
Rachel - 1, Boulogne-Billancourt - 0
Aujourd’hui est un grand jour dans l’histoire de ma vie réelle de Française : Je suis sortie de mon département, tu-seule, à bord de la Rachel mobile.
Tout a commencé le jour où, sur les conseils de mon amie Karine, je me suis dit : il faut que j’aille acheter du tulle pour fixer au plafond de la salle de réception de mon mariage. Ça va être beau. Or, du tulle, dans mon coin, y’en a pas. J’avais pensé décorer avec des bottes de foin et des gerbes de blés, pour rester dans la thématique «farmer» mais (toujours sous les sages conseils de mon amie Karine, qui m’a fait connaître son opinion sur mes champêtreries en gardant une seconde de silence, puis en me lançant un «NOOOON !» catégorique à l’autre bout du fil) finalement, j’ai changé d’idée. Maintenant que le mariage frappe à ma porte, le moment était opportun pour aller acheter le fameux tulle en question. Mon traiteur m’avait dit qu’il y avait un magasin, à Boulogne-Billancourt, qui s’appelait Toto solde (pouhahaha !!) et qui vendait toutes les couleurs de tulles inimaginables. Ok...(Boulogne-Billancourt + banlieue parisienne + routes méconnues de Chéri (et donc de moi en l’occurrence) + tu-seule + char = Mourir.)
Plusieurs choix se sont offerts à moi:
1. J’appelais Mon chat ou la Fée Marraine pour qu’un des deux vienne avec moi. Le problème, c’est que j’ai pas toujours envie d’être avec eux pour faire mes affaires. Ils sont supers gentils, mais c’est comme ça, j’ai pas envie.
2. Je demandais à Mon chat ou à la Fée Marraine qu’ils me prêtent leur GPS. L’affaire, c’est qu’ils m’auraient sûrement proposé de m’amener, et ça aurait eu l'air bête de dire non.
3. Je demandais à un des voisins de venir avec moi, mais il n’y avait personne à côté aujourd’hui.
4. Fuck off, j’y vas pas. Je vais le commander sur Internet...
5. Je vais y aller en fin de semaine avec Chéri, mais on n'a crissement pas le temps.
6. Je vais y aller maintenant, tu-seule, sans GPS, et je vais mourir.
J’ai choisi la dernière solution, qui m’a franchement réussi, parce que je ne suis pas morte.
Ça a l’air con, mais y’a trois mois, j’aurais jamais pris ce risque, (qui n’en est pas vraiment un) parce que je n’avais pas confiance en moi. C’est pas évident conduire ici. À cause des ronds-points, on a toujours l’impression de revenir sur nos pas, les noms de rues ne sont pas toujours bien indiqués, les gens ne conduisent pas de la même manière qu’au Québec, bref, il faut conduire à tâtons. Je ne pensais pas avoir les moyens de prendre mon char et d’aller dans un endroit totalement inconnu sans copilote. Évidemment, je sais bien que ce genre de peur-là n’est pas justifiée. C’est pas ça l’important. L’important, c’est de passer par-dessus un jour, même si ça prend du temps (c’est kitsh, hein? Mais c’est vrai). Quand je suis partie en char tout à l’heure, je shakais et j’avais des palpitations... jusqu’à ce que je me trompe de chemin. J’avais pas le choix, je me suis arrêtée pour regarder ma carte, j’ai fait demi-tour, j’ai trouvé le bon chemin, j’ai trouvé un stationnement à Boulogne-Billancourt, j’ai demandé mon chemin (parce que j’avais tourné pas mal pour trouver le stationnement), je suis rentrée dans le magasin, j’ai acheté du tulle, je suis repartie. J’ai ensuite niaisé vingt minutes en char dans Boulogne-Billancourt (partir c’est toujours plus compliqué que de venir à cause des sens interdits... je me suis arrêtée deux fois pour regarder mes cartes). Je suis revenue chez nous, saine et sauve, avec du tulle en plus.
Je crois que je viens de franchir une étape dans ma thérapie d’adaptation à ma vie de Française.
*****
...j’arrête pas d’écrire mon blogue là !!! C’est juste que je serai moins assidue en raison, et de mon mariage, et de mon mémoire. Merci à tous ceux qui ont témoigné de l’intérêt pour mes anecdotes. Ça fait chaud au coeur.
Tout a commencé le jour où, sur les conseils de mon amie Karine, je me suis dit : il faut que j’aille acheter du tulle pour fixer au plafond de la salle de réception de mon mariage. Ça va être beau. Or, du tulle, dans mon coin, y’en a pas. J’avais pensé décorer avec des bottes de foin et des gerbes de blés, pour rester dans la thématique «farmer» mais (toujours sous les sages conseils de mon amie Karine, qui m’a fait connaître son opinion sur mes champêtreries en gardant une seconde de silence, puis en me lançant un «NOOOON !» catégorique à l’autre bout du fil) finalement, j’ai changé d’idée. Maintenant que le mariage frappe à ma porte, le moment était opportun pour aller acheter le fameux tulle en question. Mon traiteur m’avait dit qu’il y avait un magasin, à Boulogne-Billancourt, qui s’appelait Toto solde (pouhahaha !!) et qui vendait toutes les couleurs de tulles inimaginables. Ok...(Boulogne-Billancourt + banlieue parisienne + routes méconnues de Chéri (et donc de moi en l’occurrence) + tu-seule + char = Mourir.)
Plusieurs choix se sont offerts à moi:
1. J’appelais Mon chat ou la Fée Marraine pour qu’un des deux vienne avec moi. Le problème, c’est que j’ai pas toujours envie d’être avec eux pour faire mes affaires. Ils sont supers gentils, mais c’est comme ça, j’ai pas envie.
2. Je demandais à Mon chat ou à la Fée Marraine qu’ils me prêtent leur GPS. L’affaire, c’est qu’ils m’auraient sûrement proposé de m’amener, et ça aurait eu l'air bête de dire non.
3. Je demandais à un des voisins de venir avec moi, mais il n’y avait personne à côté aujourd’hui.
4. Fuck off, j’y vas pas. Je vais le commander sur Internet...
5. Je vais y aller en fin de semaine avec Chéri, mais on n'a crissement pas le temps.
6. Je vais y aller maintenant, tu-seule, sans GPS, et je vais mourir.
J’ai choisi la dernière solution, qui m’a franchement réussi, parce que je ne suis pas morte.
Ça a l’air con, mais y’a trois mois, j’aurais jamais pris ce risque, (qui n’en est pas vraiment un) parce que je n’avais pas confiance en moi. C’est pas évident conduire ici. À cause des ronds-points, on a toujours l’impression de revenir sur nos pas, les noms de rues ne sont pas toujours bien indiqués, les gens ne conduisent pas de la même manière qu’au Québec, bref, il faut conduire à tâtons. Je ne pensais pas avoir les moyens de prendre mon char et d’aller dans un endroit totalement inconnu sans copilote. Évidemment, je sais bien que ce genre de peur-là n’est pas justifiée. C’est pas ça l’important. L’important, c’est de passer par-dessus un jour, même si ça prend du temps (c’est kitsh, hein? Mais c’est vrai). Quand je suis partie en char tout à l’heure, je shakais et j’avais des palpitations... jusqu’à ce que je me trompe de chemin. J’avais pas le choix, je me suis arrêtée pour regarder ma carte, j’ai fait demi-tour, j’ai trouvé le bon chemin, j’ai trouvé un stationnement à Boulogne-Billancourt, j’ai demandé mon chemin (parce que j’avais tourné pas mal pour trouver le stationnement), je suis rentrée dans le magasin, j’ai acheté du tulle, je suis repartie. J’ai ensuite niaisé vingt minutes en char dans Boulogne-Billancourt (partir c’est toujours plus compliqué que de venir à cause des sens interdits... je me suis arrêtée deux fois pour regarder mes cartes). Je suis revenue chez nous, saine et sauve, avec du tulle en plus.
Je crois que je viens de franchir une étape dans ma thérapie d’adaptation à ma vie de Française.
*****
...j’arrête pas d’écrire mon blogue là !!! C’est juste que je serai moins assidue en raison, et de mon mariage, et de mon mémoire. Merci à tous ceux qui ont témoigné de l’intérêt pour mes anecdotes. Ça fait chaud au coeur.
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Char,
Copains Copines,
Coup de tête,
Mariage
vendredi 15 août 2008
Ce blogue est en vacances (ou presque...)
Parce que je m’en vais en Corse. Je n’écrirai donc pas pendant ces deux semaines, sauf si je trouve un café internet et qu’il pleut (POUHAHAHAHAHAHAHA!!!! Comme s’il pleuvait en Corse!) Je vous ai quand même préparé quelques petits billets au cas où je vous manquerais terriblement.
Et oui, qui l’aurait cru? Ce n’était pas une destination prévue à mon carnet de voyage... un des heureux hasards de mon existence. J’ai hâte, mais j’entretiens quelques réserves que j’essaie de tempérer au possible. Par exemple, lors de mon premier voyage en France, je suis descendue à Arles, en Camargues, et je me rappelle avoir porté des chandails à manches longues pendant les 3 jours que j’y ai passé : le soleil me brûlait la peau malgré mon assiduité à me beurrer d’écran solaire. Il y a aussi le fait que c’est un (long) voyage de groupe, le premier à mon actif... Nous partons à 4 la première semaine (deux couples, dont Chéri et moi) et nous retrouvons 2 autres couples pour passer la deuxième, des gens qui me sont tous sympathiques, heureusement, mais que je ne connais pas assez encore pour pouvoir dire si ce voyage sera un répit ou une corvée. Souhaitons simplement que ma tête de cochon ne se pointera pas le bout du nez... et que ma zen-attitude l’emportera contre les prises de becs (7 Français qui passent la semaine ensemble... ça risque de s’obstiner en masse!!! Mais je les aime de même, que voulez-vous... (eux aussi s’aiment comme ça...)) Il y a aussi la question de mes chats chéris, qui seront sous la tutelle de mes voisins pendant 2 semaines... La confiance ne règne pas tout à fait entre nous (de mon côté surtout) et je n’ai pas besoin de vous dire que j’ai peur de les retrouver morts en revenant (pas les voisins, les chats...(malgré que le contraire serait funny: Deux chats sociaux-démocrates bouffent 3 humains réactionnaires: ils les avaient forcés à manger des légumes)) Tout le monde est en vacances, sauf eux, alors je n’ai pas trop le choix de leur confier mes chats si je veux partir. Chéri ne s’inquiète pas à ce sujet, alors j’essaie de faire comme lui.
Hier, j’ai regardé la météo plage à la télé. Vous êtes-vous déjà baignez dans de l’eau à 27°? Moi non... ah oui, peut-être dans mon bain... je vous raconterai l’effet que ça fait en revenant. Ça fera toujours changement des lacs à 15° de ma chère province...
Et oui, qui l’aurait cru? Ce n’était pas une destination prévue à mon carnet de voyage... un des heureux hasards de mon existence. J’ai hâte, mais j’entretiens quelques réserves que j’essaie de tempérer au possible. Par exemple, lors de mon premier voyage en France, je suis descendue à Arles, en Camargues, et je me rappelle avoir porté des chandails à manches longues pendant les 3 jours que j’y ai passé : le soleil me brûlait la peau malgré mon assiduité à me beurrer d’écran solaire. Il y a aussi le fait que c’est un (long) voyage de groupe, le premier à mon actif... Nous partons à 4 la première semaine (deux couples, dont Chéri et moi) et nous retrouvons 2 autres couples pour passer la deuxième, des gens qui me sont tous sympathiques, heureusement, mais que je ne connais pas assez encore pour pouvoir dire si ce voyage sera un répit ou une corvée. Souhaitons simplement que ma tête de cochon ne se pointera pas le bout du nez... et que ma zen-attitude l’emportera contre les prises de becs (7 Français qui passent la semaine ensemble... ça risque de s’obstiner en masse!!! Mais je les aime de même, que voulez-vous... (eux aussi s’aiment comme ça...)) Il y a aussi la question de mes chats chéris, qui seront sous la tutelle de mes voisins pendant 2 semaines... La confiance ne règne pas tout à fait entre nous (de mon côté surtout) et je n’ai pas besoin de vous dire que j’ai peur de les retrouver morts en revenant (pas les voisins, les chats...(malgré que le contraire serait funny: Deux chats sociaux-démocrates bouffent 3 humains réactionnaires: ils les avaient forcés à manger des légumes)) Tout le monde est en vacances, sauf eux, alors je n’ai pas trop le choix de leur confier mes chats si je veux partir. Chéri ne s’inquiète pas à ce sujet, alors j’essaie de faire comme lui.
Hier, j’ai regardé la météo plage à la télé. Vous êtes-vous déjà baignez dans de l’eau à 27°? Moi non... ah oui, peut-être dans mon bain... je vous raconterai l’effet que ça fait en revenant. Ça fera toujours changement des lacs à 15° de ma chère province...
mercredi 16 juillet 2008
Quand le grand Cric fait Crac
Billet sincère et sans trop d’ironie : mes amis, j’ai touché le fond hier.
Fuck, je m’ennuie, y’a rien à faire. J’ai l’impression de passer à côté de ma vie, d’avoir manqué le train. Ça fait presque 5 mois que je suis ici et j’arrive pas à m’intégrer, à me sentir chez moi et à exister ici, maintenant, en France. Remarquez que je n’ai peut-être pas choisi la voie la plus facile. Écrire un mémoire en étant pas inscrite à l’université ici, c’était peut-être pas winner. Je ne le savais pas d’avance. Mon optimisme et moi croyions que c’était possible, voire facile, l’été dernier. Je pense que j’ai fait des efforts (déjà, je suis capable de parler fort en public, ce que je n’arrivais pas à faire en arrivant; j’ai réappris à conduire; je fais des trucs de Français, comme aller passer un week-end en Bretagne; je mange des lardons; je dit, à la boulangerie : «ce sera touuuuut!»; je dis «automate» au lieu de «guichet automatique», relou, ouf, planquer, bonsoir ; je vouvoie les gens (!)), j’essaie même d’être amie avec mes voisins, avec qui j’ai, sans aucun doute, zéro point en commun, sauf peut-être le fait d’être humaine. J’arrête pas de me demander ce que j’ai fait de pas correct pour que ça marche pas (Si quelqu’un d’entre vous croit détenir la vérité sur moi, prière de me laisser un commentaire). Y’a des moments où ça allait mieux pourtant, je ne sais vraiment pas ce qui fait que je retombe toujours dans le même pattern cave et négatif. Pour tout vous dire, je ne me reconnais même pas une miette là-dedans, je suis rarement déprimée, me semble (?!?)
Franchement, je fais une dépression, j’ai tous les symptômes. Le mal du pays est une dépression en soi, sauf que c’est le genre de blues inguérissable à mon avis. Si on tient compte qu’on guérit d’une dépression en changeant d’attitude face à nos idées noires, on peut pas dire que j’ai rien fait pour (j’en ai peut-être pas fait assez? Je ne le saurai jamais). Régler le problème n’est pas si difficile au fond : il faut juste revenir, que je me dis... je me bourrerai pas de pilules avant d’être retournée à Montréal, juste pour voir, si c’est véritablement ça le problème. Pour le moment, c’est dur de croire qu’il s’agit d’autre chose : j’en rêve toutes les nuits, ça devient maladif. Mais je garde l’oeil ouvert, j’ai peut-être juste mal digéré mon complexe d’Oedipe, qui sait?
Je craque. Coup de tête d’envergure : j’ai débloqué des fonds chez Mastercard et je fais un petit aller-retour imprévu (et dangereux, oui, car maintenant je peux vraiment dire avec assurance que je suis dans une situation financière plus que précaire, mais la santé, «ça n’a pas de prix» (maudit slogan de mastercard, on finit par y croire...)) à Montréal. (Je n’aurai pas le temps d’aller tous vous voir mes chéris, j’espère que c’est sans rancune).
Billet sincère: l’optimisme qui gît à mes côtés me dit de vous dire qu’elle espère sincèrement vous revenir top shape dans quelques jours pour pouvoir vous raconter à nouveau les joies et les complications de son existence.
Fuck, je m’ennuie, y’a rien à faire. J’ai l’impression de passer à côté de ma vie, d’avoir manqué le train. Ça fait presque 5 mois que je suis ici et j’arrive pas à m’intégrer, à me sentir chez moi et à exister ici, maintenant, en France. Remarquez que je n’ai peut-être pas choisi la voie la plus facile. Écrire un mémoire en étant pas inscrite à l’université ici, c’était peut-être pas winner. Je ne le savais pas d’avance. Mon optimisme et moi croyions que c’était possible, voire facile, l’été dernier. Je pense que j’ai fait des efforts (déjà, je suis capable de parler fort en public, ce que je n’arrivais pas à faire en arrivant; j’ai réappris à conduire; je fais des trucs de Français, comme aller passer un week-end en Bretagne; je mange des lardons; je dit, à la boulangerie : «ce sera touuuuut!»; je dis «automate» au lieu de «guichet automatique», relou, ouf, planquer, bonsoir ; je vouvoie les gens (!)), j’essaie même d’être amie avec mes voisins, avec qui j’ai, sans aucun doute, zéro point en commun, sauf peut-être le fait d’être humaine. J’arrête pas de me demander ce que j’ai fait de pas correct pour que ça marche pas (Si quelqu’un d’entre vous croit détenir la vérité sur moi, prière de me laisser un commentaire). Y’a des moments où ça allait mieux pourtant, je ne sais vraiment pas ce qui fait que je retombe toujours dans le même pattern cave et négatif. Pour tout vous dire, je ne me reconnais même pas une miette là-dedans, je suis rarement déprimée, me semble (?!?)
Franchement, je fais une dépression, j’ai tous les symptômes. Le mal du pays est une dépression en soi, sauf que c’est le genre de blues inguérissable à mon avis. Si on tient compte qu’on guérit d’une dépression en changeant d’attitude face à nos idées noires, on peut pas dire que j’ai rien fait pour (j’en ai peut-être pas fait assez? Je ne le saurai jamais). Régler le problème n’est pas si difficile au fond : il faut juste revenir, que je me dis... je me bourrerai pas de pilules avant d’être retournée à Montréal, juste pour voir, si c’est véritablement ça le problème. Pour le moment, c’est dur de croire qu’il s’agit d’autre chose : j’en rêve toutes les nuits, ça devient maladif. Mais je garde l’oeil ouvert, j’ai peut-être juste mal digéré mon complexe d’Oedipe, qui sait?
Je craque. Coup de tête d’envergure : j’ai débloqué des fonds chez Mastercard et je fais un petit aller-retour imprévu (et dangereux, oui, car maintenant je peux vraiment dire avec assurance que je suis dans une situation financière plus que précaire, mais la santé, «ça n’a pas de prix» (maudit slogan de mastercard, on finit par y croire...)) à Montréal. (Je n’aurai pas le temps d’aller tous vous voir mes chéris, j’espère que c’est sans rancune).
Billet sincère: l’optimisme qui gît à mes côtés me dit de vous dire qu’elle espère sincèrement vous revenir top shape dans quelques jours pour pouvoir vous raconter à nouveau les joies et les complications de son existence.
mardi 5 février 2008
«la mort est sans bagage» Je ne suis pas morte, donc j'avais des bagages...
Tout d’abord, je dois avouer qu’au cours de ma courte vie, je n’avais jamais pensé que je pourrais quitter le Québec sans avoir au préalable un billet de retour, que j’aurais conservé précieusement, comme un contrat qui me garantissait un cocooning éternel. Et maintenant, voilà déjà une semaine que je n’y suis plus, que je n’ai pas l’intention de revenir avant le mois d’août pour déposer mon mémoire (si cela se peut...ceux qui font leur maîtrise comprendront que je n’ai pas tout à fait le contrôle sur mon inspiration). Je suis de celles qui pensent que la vie c’est dangereux quoi qu’on y fasse, qu’il faut se jeter à l’eau, presque mourir, risquer de tout perdre, juste pour voir... À ceux et celles qui voudraient comme moi tenter la même existence, je leur conseille de faire du yoga et de la méditation pour maîtriser leur stress. Après avoir passer un mois à planifier un départ sans retour, je dois dire que j’ai plus l’impression d’avoir tout perdu que tout gagné, alors je souhaite que le meilleur reste à venir. J’ai mon amoureux et mes chats, c’est tout ce qui compte. (J’ai aussi 30 kilos de livres et de photocopies, poids coûteux de mes recherches fructueuses...).
Parlant de chats, soyez prévenus si vous voulez que vos chats soient de grands voyageurs: ça m’a pris deux heures les récupérer aux douanes françaises. À la zone cargo, nous sommes entrés au bureau de Servisair où on nous a remis un formulaire à faire remplir par un agent douanier qui se trouve dans le bâtiment d’à côté. Pas plus d’informations... pas de précision sur l’étage ou de numéro de local. Arrivés dans ce fameux bâtiment, nous sommes montés au premier étage et nous nous sommes retrouvés au beau milieu d’un corridor de deux kilomètres de long (1 km vers la gauche, 1 km vers la droite). Les gens à qui nous avons demandés de l’information nous disent d’attendre devant cette porte (fermée) en face de l’escalier, nous spécifiant au passage que le gars qui s’occupe des animaux n’est jamais à son bureau... J'ai demandé le numéro de téléphone de l’absent en question et on m'a montré un camion noir dans le stationnement (10 km2...) «le numéro de téléphone je ne le sais pas, mais il est écrit sur ce camion». Super. Suivant l’instinct de maman chat qui sommeille certainement en moi, je me suis dis «ça a pas de maudit bon sens» et j’ai marché dans le corridor à la recherche des douanes françaises. Après 10 minutes de marche, j’ai trouvé (je le savais que ça avait pas d’allure d’attendre devant une porte fermée...). Un agent a à peine regardé mes papiers, a signé mon formulaire et m'a dit de retourner chez Servisair. Finalement, ça coûte 55 euros. Le gars de Montréal s’était bien gardé de me le dire. Je sors ma mastercard en me disant qu’on s’en fout, je veux juste mes minous. Vive la France, ils ne prennent que les paiements comptants ou par chèques (???). Cours au guichet automatique (à l’autre bout du stationnement de 10 km2), paye la rançon pour les chats. Maintenant il faut attendre dehors avant que le rideau de l’entrepôt s’ouvre. Je remplis un autre formulaire qui dit que j’ai reçu mes chats en bon état, alors que je ne les ai pas encore vus. Et voilà la méga cage qui arrive ! Le gars qui la dépose par terre nous dit «faut peut-être leur mettre une couverture quand y font des cochonneries... Aha !». Hein? Je regarde dans la cage. Mes chats étaient tellement collés qu’on aurait dit juste une grosse boule de poil avec deux têtes.
Parlant de chats, soyez prévenus si vous voulez que vos chats soient de grands voyageurs: ça m’a pris deux heures les récupérer aux douanes françaises. À la zone cargo, nous sommes entrés au bureau de Servisair où on nous a remis un formulaire à faire remplir par un agent douanier qui se trouve dans le bâtiment d’à côté. Pas plus d’informations... pas de précision sur l’étage ou de numéro de local. Arrivés dans ce fameux bâtiment, nous sommes montés au premier étage et nous nous sommes retrouvés au beau milieu d’un corridor de deux kilomètres de long (1 km vers la gauche, 1 km vers la droite). Les gens à qui nous avons demandés de l’information nous disent d’attendre devant cette porte (fermée) en face de l’escalier, nous spécifiant au passage que le gars qui s’occupe des animaux n’est jamais à son bureau... J'ai demandé le numéro de téléphone de l’absent en question et on m'a montré un camion noir dans le stationnement (10 km2...) «le numéro de téléphone je ne le sais pas, mais il est écrit sur ce camion». Super. Suivant l’instinct de maman chat qui sommeille certainement en moi, je me suis dis «ça a pas de maudit bon sens» et j’ai marché dans le corridor à la recherche des douanes françaises. Après 10 minutes de marche, j’ai trouvé (je le savais que ça avait pas d’allure d’attendre devant une porte fermée...). Un agent a à peine regardé mes papiers, a signé mon formulaire et m'a dit de retourner chez Servisair. Finalement, ça coûte 55 euros. Le gars de Montréal s’était bien gardé de me le dire. Je sors ma mastercard en me disant qu’on s’en fout, je veux juste mes minous. Vive la France, ils ne prennent que les paiements comptants ou par chèques (???). Cours au guichet automatique (à l’autre bout du stationnement de 10 km2), paye la rançon pour les chats. Maintenant il faut attendre dehors avant que le rideau de l’entrepôt s’ouvre. Je remplis un autre formulaire qui dit que j’ai reçu mes chats en bon état, alors que je ne les ai pas encore vus. Et voilà la méga cage qui arrive ! Le gars qui la dépose par terre nous dit «faut peut-être leur mettre une couverture quand y font des cochonneries... Aha !». Hein? Je regarde dans la cage. Mes chats étaient tellement collés qu’on aurait dit juste une grosse boule de poil avec deux têtes.
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